Elia, Villa Bloc
C’est l’un des habitacles d’Esther Vogel, l’ancienne propriétaire des lieux. Une sculpture que l’on pourrait habiter. Superbe n’est-ce pas ? J’y organise des concerts de temps à autre, l’acoustique est merveilleuse. Esther Vogel en a construit plusieurs. J’ai acheté la propriété en grande partie pour eux. La maison est belle mais les habitacles sont uniques. (pause) Je vais vous raconter une histoire. (pause) Esther Vogel a eu un grand amour, un seul. Une violoncelliste. Elle s’appelait Rebecca Byrd. Vous la connaissez peut-être. (pause) Elle l’a rencontrée juste après la construction de cet habitacle (elle désigne le bâtiment de la tête). Rebecca s’y réfugiait pour improviser. Elle disait que les sons y suivaient des lignes imprévisibles. Esther venait l’écouter souvent, c’est alors que l’idée a surgi. Faire fabriquer un instrument dont le timbre et les fréquences de résonance seraient secrètement liées à celles de l’habitacle. C’est ainsi qu’est né le Monstre. Il était destiné à Rebecca bien sûr. Elle lui a offert pour l’anniversaire de ses quarante ans. (pause) On raconte qu’elle en a développé une véritable obsession.
Monologue de la collectionneuse, extrait
Images
1: Villa Bloc, Alexandre Guirkinger
2-3: Elia, vues d'exposition, Villa Bloc, 2023, ©Julien Rezette
4-7: Elia, captures issues du film